La Fédération des Entreprises du Congo (FEC) et le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) entendent poser les bases d’un partenariat stratégique destiné à rapprocher davantage les entreprises des mécanismes de financement industriel, soutenir la transformation locale et accélérer l’industrialisation de la République démocratique du Congo.

Cette ambition a été au centre de la matinée d’échanges et d’information organisée le 10 août 2026 à l’Hôtel Hilton de Kinshasa, sous le thème : « FEC–FPI : bâtir un partenariat stratégique au service de la République démocratique du Congo ».

La rencontre a réuni près de 150 représentants d’entreprises, venus échanger directement avec la Direction Générale et les équipes techniques du FPI sur les mécanismes de financement, les critères d’éligibilité, la constitution des dossiers, les procédures de traitement ainsi que les obligations relatives à la Taxe de Promotion de l’Industrie (TPI).

Dans son allocution d’ouverture, le Président National de la FEC, M. Robert Malumba Kalombo, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans une évolution de l’accompagnement proposé par la Fédération à ses membres.

Si la FEC demeure avant tout l’organisation de représentation, de défense et de promotion des intérêts du secteur privé, elle entend également développer davantage de passerelles entre ses entreprises membres et les institutions susceptibles de financer leur croissance.

« Notre rôle ne doit pas seulement consister à porter la voix des entreprises face aux difficultés qu’elles rencontrent, mais également à créer des passerelles concrètes leur permettant d’accéder aux ressources nécessaires pour éclore, se développer, accroître leurs capacités de production et devenir davantage compétitives », a déclaré le Président National.

Cette orientation devrait conduire la Fédération à multiplier les rapprochements avec les banques commerciales, les institutions financières, les fonds d’investissement ainsi que les organismes publics de financement et d’appui aux entreprises.

Pour la FEC, le rapprochement avec le FPI présente à cet égard un intérêt particulier. Les missions des deux institutions sont complémentaires : le FPI dispose d’instruments destinés à soutenir les investissements productifs, tandis que la FEC dispose d’une connaissance directe des besoins, contraintes et projets du secteur privé organisé.

L’ambition est ainsi de construire un cadre permanent de concertation et d’action, capable de rapprocher les besoins des entreprises des instruments publics de financement et d’accompagnement.

Au-delà de la question du financement des entreprises, les échanges ont été placés dans une perspective plus large de transformation structurelle de l’économie congolaise.

Malgré l’importance de ses ressources naturelles, de son marché intérieur et de son potentiel industriel, la RDC reste confrontée à une transformation locale insuffisante de ses matières premières.

Pour la FEC, l’un des défis majeurs consiste désormais à financer davantage de projets industriels viables, développer les chaînes de valeur nationales, soutenir les PME industrielles et accroître les capacités locales de production.

Le partenariat envisagé entre la FEC et le FPI devrait ainsi contribuer à favoriser l’émergence d’investissements productifs capables de créer de la valeur ajoutée, des emplois et des compétences en République démocratique du Congo, tout en participant progressivement à la réduction de la dépendance du pays aux importations.

Selon Robert Malumba, la collaboration attendue doit aller au-delà d’une succession de rencontres institutionnelles et déboucher sur des engagements concrets, des mécanismes de collaboration renforcés et une feuille de route commune.

Prenant la parole devant les opérateurs économiques, le Directeur Général du FPI, M. Hervé Claude Ntumba Batukonke, a réaffirmé la volonté de son institution de rendre ses mécanismes d’intervention plus accessibles et le traitement des dossiers plus prévisible.

Il a cependant rappelé qu’un financement industriel ne repose pas uniquement sur la qualité d’une idée ou sur l’ambition du promoteur.

« Un financement industriel ne repose pas uniquement sur une bonne idée. Il exige un projet documenté, un marché identifié, des choix techniques cohérents, une gouvernance claire et une capacité de remboursement démontrée. »

Le FPI entend ainsi renforcer son accompagnement des entreprises en amont du financement afin de favoriser l’émergence de projets suffisamment structurés et bancables.

Pour son Directeur Général, la responsabilité est partagée : le Fonds doit améliorer la lisibilité de ses mécanismes, la qualité de l’accompagnement et la prévisibilité du traitement des dossiers, tandis que les entreprises doivent améliorer la qualité de leurs projets, leur gouvernance et la fiabilité des informations fournies.

La FEC devrait, pour sa part, jouer un rôle de facilitateur et d’intermédiation, notamment en contribuant à l’identification de projets industriels, à la diffusion de l’information auprès des entreprises et à la remontée des obstacles rencontrés par les opérateurs économiques dans leurs démarches.

L’un des principaux temps forts de la matinée a été les présentations techniques effectuées par les experts du FPI sur deux grandes thématiques, à savoir :

  • Mécanismes de financement et développement industriel, et
  • La Parafiscalité.

S’en est suivi une séance interactive des questions-reponses.

Pour la FEC, la rencontre du 10 août ne constitue qu’une première étape.

Le Président National a souhaité qu’elle débouche sur un mécanisme de collaboration permanent permettant notamment de mieux informer les entreprises sur les instruments du FPI, identifier leurs préoccupations, améliorer les mécanismes de collaboration, faire émerger des projets industriels structurants et consolider le dialogue entre les deux institutions.

« Il n’y aura pas d’industrialisation durable sans entreprises fortes. Il n’y aura pas de création massive d’emplois sans investissements productifs. Et il n’y aura pas d’émergence économique sans un partenariat étroit entre les institutions publiques d’appui au développement et le secteur privé organisé », a souligné Robert Malumba.

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